Prologue

Hier soir, mercredi, nous avions décidé avec des amis d'aller au Bebop, la fameuse boite réputée pour sa bière à 50c ! Certes elle est pas terrible, mais à ce prix... on se permet pas de critiquer. Une information intéressante pour la suite est que c'était ma seconde fois au Bebop, pas la première. Bref, nous étions un groupe d'une dizaine d'étudiants de tous horizons (français, allemands, espagnols, portugais)... et bière à la main, 23h sonne, nous voilà prêt pour prendre le bus depuis notre banlieue d'Hervanta, la ferme intention d'aller au centre ville de Tampere pour s'amuser et somme toute passer une bonne soirée entre potes.

Acte 1 : entrée des personnages

23h30, le bus nous arrête à Keskustori, le terminus. Nous avons donc marché 5 minutes pour aller dans une galerie marchande miteuse et déserte, là où donc se trouve le Bebop. On entendait déjà la musique, on s'approche, on fait la queue. Notre petit groupe commence à passer devant un videur, montrant leur carte d'identité...

Et c'est la que ça devient croustillant, j'étais en train de discuter avec Alexandre, à l'arrière de notre groupe. Alors que n'étions plus que trois à passer devant le videur, celui-ci se fait relever par un connard. Pardon je m'emporte et j'en dévoile trop :) il se fait donc relever par un autre videur, un petit basane l'air moyennement amical. Il demande la carte d'une française de notre groupe. C'est à ce moment précis que la puissance supérieure entra dans la danse, avec la ferme intention de pas me lâcher.

  • videur: c'est pas possible, ta carte ID est pas bonne, ta photo est trop jeune
  • Johanna: Mais c'est normal en France, c'est valide 10ans, on a donc une vieille photo.
  • videur: Oui mais je peux pas te reconnaître, je suis pas sur que c'est toi. C'est pas possible ce soir.

Évidement je lui montre ma carte, Alexandre aussi, nous trois français avec des têtes de gamin pré-pubers sur nos cartes d'identité... même réponse.

  • videur: pas possible.
  • Moi: Allez, on est un groupe d'amis, les autres sont déjà rentrés ! On est étudiant, ça se voit qu'on a plus de 18 ans non ? Soit cool mec.
  • videur: Non (et quand un finnois dis non, c'est NON)
  • Johanna: bon d'accord, tien regarde ma carte étudiante (de Tampere, je précise), il y a une photo récente.
  • videur: Oui mais c'est pas un document officiel, ni id, ni passeport c'est pas bon.
  • Moi: Mais regarde, regarde ma carte d'identité, ma carte étudiant, ma carte vitale, ma carte de crédit, y'a le même nom partout ! Tu crois que je me serais amuse à faire des faux juste pour rentrer au Bebop à 4 euros ?
  • Ca va pas être possible, poussez vous.

Tels trois mutins que l'on déporte sur une île déserte, nous étions dehors... assis sur les marches... un peu sous le coup de ce connard (maintenant j'ai le droit :p) qui ne voulait pas nous laisser entrer pour une question de photo trop jeune...

Acte 2 : Seconde tentative

Sentant alors tout le poid de l'Histoire sur mes épaules, je repensais à Danton, Marat, St Just, tous ces grands révolutionnaires qui s'étaient battus pour leur liberté... en bon français je me devais de me battre pour ma bière à 50c ! Je retournais donc voir le videur pour un second round.

  • videur: quoi encore ?
  • Moi: Y'a pas un moyen de s'arranger ? On peut parler à quelqu'un d'autre ?
  • videur: ici c'est moi qui fait les règles (le mot Rules doit sûrement être écrit sur tous les saunas tant ils y sont attachés), le boss donne des directives, il me dit personne en dessous de 18ans.
  • Moi: d'accord d'accord, mais regarde, on va pas refaire notre carte d'identité juste pour rentrer au Bebop, on savait pas mec. Avec cette même carte je suis rentré la semaine dernière et dans beaucoup d'autre club de Tampere !
  • videur: Non je suis pas sur que c'est toi sur la photo, mais si tu veux tu peux aller au commissariat, faire un papier attestant que tu es majeur.
  • Moi: il est ou ton commissariat ?
  • videur: blablabla, près de la bus station.
Acte 3 : le commissariat

La voix de ce cher Danton résonnait en moi de plus en plus fort « De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace » ... Très bien, ce videur allait voir de quel bois je me chauffe, minuit passé, notre petit groupe se met donc en marche vers le commissariat, la bière à 50c au bout du tunnel...

Après une marche fort désagréable dans la nuit de Tampere (faut pas oublier qu'on était habillé pour aller en boîte... pas pour marcher pendant une demi-heure en ville), nous arrivâmes devant une espèce de gros bâtiment Poliski... ça devait être là, mais aucune entré, rien... juste des portes closes et un peu de lumière de-ci de-là. J'ai donc arrêté un des rares finlandais dans la rue qui ne soit pas complètement bourré, pour lui demander si le commissariat c'était bien là. Apparemment oui mais l'entrée se trouvait de l'autre côté. Très bien merci.

Fermé...super. Un petit écriteau tout en finnois pour seule permanence. J'arrête donc un autre mec dans la rue pour lui demander de traduire. « Le commissariat est fermé entre 20h et 8h, en cas d'urgence appeler le 112 »... super. C'en était trop (mais pas fini !) clopin-clopant je m'étais résolu à prendre le bus et rentrer à Hervanta dormir.

Acte 4 : le premier bus.

Nous attendions donc dans le froid, que le bus 30 de 1h10 veuille bien passer... rien. Non impossible, un finlandais qui respecterais pas les horaires ??? Cela ne se peut ! 20 minutes que l'on attendait là, c'est pas pour se faire avoir ! On est donc allé au centre de bus vérifier par nous même les horaires... désert. Le prochain bus était à 2h10... 1h de plus à attendre. La bière à 50c me laissait déjà un goût très très amers ! Allez les mecs, on positive, on va attendre 1h... On est donc allé se poser au MacDo, je me suis pris un menu, histoire de manger un peu, paraît que ça rend plus agréable :)

Acte 5 : le second bus

2h00, notre petite faction attendait le regard vif et l'esprit alerte le second bus... cette fois plus rassurant d'autre gens attendaient avec nous dont 2 finlandais. 2H15... toujours rien... les finlandais regardent les horaires... s'agacent puis s'éloignent...

Hop hop hop !!! Vous allez où là ? On les arrête pour comprendre pourquoi ces dammed de bus décident eux aussi de pas nous laisser rentrer. En fait le petit Y à côté des horaires (1:10Y, 2:10Y) signifie que le bus ne passe que le vendredi et samedi. Pas de chance on est mercredi ! Ok, pas de bus, on reste zen. Impensable d'attendre le premier bus à 4h30, 2h de plus dans ce froid c'était l'hypothermie ou le suicide assuré... dernière solution... le taxi.

Acte 6 : le taxi

On trouve donc à l'arrache deux gars aussi dépités que nous à l'arrêt de bus (ironie du sort l'un deux habite dans la chambre à côte de la mienne) pour essayer de prendre un taxi à 5, histoire de tomber les coûts ! Quelques taxis refusent, puis finalement l'un d'eux accepte. Un chauffeur qui n'a pas lâché un mot, qui s'est permis de nous balader un peu et comble de la soirée, nous a pris 23,30 euros (pour 10 à 15 minutes de course). Mais bon on était enfin devant l'immeuble...

Acte 7 : l'ascenseur.

La puissance supérieure ne voulait toujours pas me laisser tranquille, 2h40 et j'avais toujours pas droit au repos... Comble de l'histoire l'ascenseur était en PANNE ! Alors que mon colloc m'avait assuré n'avoir vu ça que 2 fois en 10 ans, j'avais l'honneur et le privilège de le voir alors que cela faisait 2 semaines que j'étais là. Marre marre marre, je me suis monté les 12 étages à pied, j'ai ouvert la porte, je me suis couché !

Épilogue : bilan.

Cette soirée était mémorable, j'ai appris plein de trucs :)

  1. les finlandais sont très cons quand il s'agit de règles
  2. le commissariat n'a pas de permanence
  3. une puissance divine m'en veut
  4. 12 étages... c'est haut !
  5. moi qui était parti pour dépenser 6 euros (4euros d'entré + 4 bières) j'avais payé 12 euros (7 de mac do et 5 de tacos)... soit 24 bières !

Ce soir, je retourne tenter ma chance au Bebop... ben oui, la Révolution ne s'est pas faite en un jour ;-)

Moralité : la Finlande c'est bien, mais quand ça veut pas, ça veut pas